Vivre Montpellier Métropole

Mounir Letaief, commerçant historique de Montpellier tire la sonnette d’alarme

Partager cet article

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn

Commerçant emblématique de Gambetta, de Figuerolles et du centre-ville, Mounir Letaief a vu Montpellier se vider depuis le démarrage des travaux un peu partout dans la ville, portrait d’un amoureux de Montpellier très inquiet pour l’avenir.

Quand il marche dans le quartier, il dit bonjour à tout le monde, et tout le monde lui dit bonjour. Mounir Letaief est un commerçant historique du quartier Figuerolles et Gambetta. Arrivé de Tunisie à 18 ans, il a commencé à travailler comme employé d’une boucherie rue d’Arue puis a décidé de monter son affaire « j’ai cassé les prix, mes concurrents vendaient de la viande d’agneau à 120 Francs le kilo, moi je proposais 30 Francs le kilo pour la même qualité, tout le monde est venu est chez, j’ai embauché quatre personnes, c’était la folie ». Fort de son succès, le commerçant a eu l’idée d’ouvrir une épicerie de nuit « la première épicerie à Gambetta, au 44 cours Gambetta ». A l’époque, raconte Mounir, Gambetta était à double sens de circulation, ce qui drainait un maximum de personnes… quelques années plus tard le maire de l’époque Georges Frêche a acheté à Mounir ses murs pour implanter le commissariat. Mounir a déménagé son commerce 24 rue du faubourg Figuerolles, il a abandonné la boucherie et s’est concentré sur l’épicerie « la clientèle a suivi et les commerçants aussi, j’étais le premier commerçant place Salengro ». Sa méthode pour fidéliser les clients ? Avoir tout dans sa boutique « tout ce que tu cherches tu pouvais le trouver chez moi, du coup les gens revenaient ». Le plus de Mounir, proposer de la solderie de qualité « je proposais des prix imbattables, mes grossistes, je leur réglais la marchandise en direct, donc ils baissaient les prix ». Nous sommes en 1997. Figuerolles bat son plein « La terrasse de La Pleine Lune était blindée midi et soir, les gens venaient de partout, ils se garaient dans les ruelles ou parking Gambetta ».

Et puis…

Et puis l’insécurité est arrivée, des « voyous » se sont mis à vendre de la drogue, des cigarettes, les gens ont commencé à moins venir et puis les travaux rue Guillaume Pellicier et rue Saint Louis ont achevé le quartier, poursuit Mounir « avant pour prendre la voie rapide direction Béziers ou Sète, les gens passaient devant les magasins, aujourd’hui toutes ces boutiques sont en difficultés ». Alors qu’on se balade dans le quartier Figuerolles, Mounir me montre ce restaurant à l’angle de la rue Guillaume Pellicier et de la rue du faubourg Figuerolles, cette autre boutique de vêtements rue Guillaume Pellicier « je connais une trentaine de commerçants, ils sont morts avec ces travaux de partout ».

En 2017, Mounir Letaief a décidé d’acheter deux magasins dans le centre-ville, un rue de l’aiguillerie, un autre rue de l’université « aujourd’hui on fait moins 30%, moins 40% de chiffre à cause de ces travaux et de ces fermetures de rues ». Et Mounir de poursuive « hier je suis passé devant un magasin de vêtements, le gérant est au bout du rouleau ». Trop de concurrence sur ces commerces peut-être ? « Mais moi je fais de l’alimentaire et je galère aussi, c’est donc une tendance générale ! ». Selon Mounir, les clients des commerces du centre-ville aujourd’hui sont les habitants du quartier « mais il faut des clients de l’extérieur pour atteindre les objectifs de chiffre d’affaires, et aujourd’hui ces clients de l’extérieur ont trop de problèmes d’accès et de parking ».

Le souhait de Mounir pour le centre-ville

Ce que voudrait Mounir est simple : « ralentir ces travaux ». Sinon ? « Sinon les grosses enseignes vont quitter le centre-ville et on va se retrouver avec des kebabs de partout, des cafés, la vie d’un quartier c’est les commerces ! Je suis pour le changement, mais là il y a beaucoup de gens qui vont avoir des problèmes. Les commerçants installés ont des maisons, des crédits, ce qui arrive est trop brutal, beaucoup de commerçants vont souffrir, on va voir un centre-ville vide, et c’est triste ».

Abonnez-vous à notre newsletter !

Pour ne rien rater de nos nouvelles enquêtes, actions, observation...

Nos dernières actualités...

Envie de redynamiser le centre-ville de Montpellier ?

Témoignez votre soutien !

Vous désirez plus d’informations ?

Vous pouvez nous contacter à l’adresse suivante :
contact@vivre-montpellier-metropole.fr