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Retranscription du débat à propos du vote de la gratuité totale des transports pour les habitants de la Métropole de Montpellier

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V2M vous propose de lire cette retranscription du débat à propos de l’affaire n°5  (la mise en œuvre de la gratuité totale pour les habitants de la Métropole sur le réseau de transports publics ), votée au conseil de métropole de Montpellier le 2 février 2023 

 

« 5 Hors commission – Mise en œuvre de la gratuité totale pour les habitants de la Métropole sur le réseau de transports publics – Approbation »

 

Michaël Delafosse : Madame Frêche, je vous donne la parole sur l’affaire numéro 5.

Julie Frêche : Merci Monsieur le président, vous avez pris un engagement en septembre 2019 sur la gratuité des transports, cet engagement deviendra réalité le 21 décembre 2023 la gratuité c’est un  véritable engagement, ça va bien au-delà d’un simple débat tarifaire, il suffit de regarder autour de nous, partout la tentation du dénigrement partout des atteintes à la gratuité écornent notre pays, après l’école, c’est l’hôpital qui est à bout de souffle, pourtant l’instruction gratuite et l’accès aux soins sont bien plus qu’un débat tarifaire, c’est notre modèle français qu’il s’agit de pérenniser et de défendre.

Alors que les mobilités coûtent de plus en plus cher aux français, s’engager dans la gratuité a un sens : les mobilités c’est pouvoir travailler, c’est pouvoir faire ses courses, c’est aller voir son médecin, c’est retrouver ses amis, c’est se rendre au sport ou au musée, c’est bien plus qu’un débat tarifaire, c’est notre vivre ensemble, c’est renouveler notre modèle social, c’est agir pour l’environnement.

Depuis les deux premières phases de gratuité, un enfant de moins de 18 ans économise par an 196€, pour une personne de plus de 65 ans, un retraité, c’est 321€ d’économies, dans 323 jours, gratuité intégrale pour tous les habitants de la métropole, ça signifiera pour un salarié une économie de 481€ par an et pour une famille de 4 personnes, une économie de près de 79€ par mois.

La gratuité des transports crée de nouveaux besoins de déplacement, nous avons multiplié par 2 le nombre de déplacements pour les moins de 18 ans, nous avons multiplié par 1,5 le nombre de déplacements pour les plus de 65 ans, la gratuité des transports crée du déplacement, crée un nouveau besoin, va agir sur la mixité intergénérationnelle dans le tramway, grâce à la gratuité des transports, des bus et des futurs bus trams, le transport public va devenir un espace public, va devenir un bien commun, quand aujourd’hui certaines villes font le choix d’augmenter les titres de transport, c’est le cas à Lyon, c’est le cas à Bordeaux, c’est le cas à Nice, c’est le cas pour les TER pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, pour la région PACA, pour la région Nouvelle-Aquitaine, on peut également citer l’augmentation du pass navigo de près de 20% pour la région Île-de-France, à côté de ces politiques tarifaires et de ces choix effectués par des collectivités territoriales, d’autres collectivités font le choix de gratuité partielle ou de gratuité intégrale,  c’est le sens de la politique menée à Strasbourg avec la gratuité pour les moins de 18 ans, c’est le sens des gratuités partielles, à Nantes, à Rouen, à Clermont-Ferrand, le week-end, c’est bientôt la gratuité à Lisbonne, c’est la gratuité intégrale de tous les modes de transport au Luxembourg, c’est la gratuité à Taline et nous serons fin 2023 la plus grande métropole en Europe à rendre les transports publics gratuits pour tous les habitants de la métropole.

2023 c’est une grande année pour notre métropole et ses mobilités, ce sera l’année de la gratuité des transports mais ce sera aussi l’année de l’extension et de la qualité de service, parce que pour nous la gratuité n’aurait pas de sens si elle n’était pas intimement corrélée à l’extension de l’offre de service avec 1,5 milliard d’investissements publics pour le réseau de transports, une cinquième ligne de tramway, l’extension de la ligne 1, 5 lignes de bus tram, 235 kilomètres de réseau express vélo avec les vélolignes montpelliéraines, c’est en 2023 la pose des premières rails de la ligne 5 à l’été et c’est la mise en œuvre de la police intercommunale des transports pour que les transports publics soient des lieux de vivre ensemble, de diffusion de l’esprit républicain, de sécurité et de tranquillité publique, alors oui mes chers collègues, le 21 décembre sera une grande fête, la gratuité est un bel engagement, une promesse forte, bien plus qu’un débat tarifaire, et nous pouvons en être particulièrement fier.

Michaël Delafosse : Merci Madame Frêche pour votre plaidoyer, partagé, alors j’ouvre le débat sur cette délibération, Monsieur Guiseppin, Monsieur Albernhe, Monsieur Moynier, Monsieur Martin, Madame Doulain… allez-y Monsieur Guiseppin

Serge Guiseppin : Monsieur le président, chers collègues, gros dossier avec très peu d’informations portées à notre connaissance avant ce débat et pourtant les enjeux sont de taille, la gratuité partielle n’a pas démontré son impact sur la capacité de décarboner, pourtant, les personnes concernées par cette gratuité partielle était totalement compatibles, ce n’est pas pour autant que la circulation s’est améliorée, ou que les commerçants du centre-ville soient plus satisfaits, l’expérience de la gratuité partielle est sympathique mais passer à la gratuité totale, cela fait froid dans le dos, la gratuité des transports sur beaucoup d’études de tout horizons ne confirment pas cette nécessité, je prendrais un seul exemple, une mission du Sénat de novembre 2022 sur la gratuité des transports collectifs : la fédération nationale des associations d’usagers des transports, mais aussi l’union des transports publics et ferroviaires ont exprimé leurs réticences à l’option de la gratuité totale, les deux organismes évoquent le risque d’un affaiblissement des investissements dans les transports, la même consultation démontre par sondage que si les usagers sont très largement favorables à l’idée de la gratuité (83%) ils préfèreraient voir une amélioration de l’offre existante, dans les détails 37% pour bénéficier de transports collectifs gratuits, 63% pour bénéficier d’une offre de transports collectifs payante mais plus développée, sujet à méditer…

Vous revendiquez globalement 200 000 pass actifs que vous exposez aussi avec leurs moyennes de fréquentation, sur les X milliers de voyageurs qui ont consommé des voyages gratuitement, combien auraient été consommés s’ils avaient été payants dans ce panel ? Et maintenant si vous nous demandez de valider la gratuité totale, mais sans annoncer les coûts directs et indirects de cette décision, c’est compliqué, en sachant comme je l’expliquais précédemment que nos finances n’ont pas de marge de manœuvre, quid de la brigade des transports ? J’aimerais savoir si les recettes de seraient pas inférieures aux coûts ? Avez-vous quelques chiffres sur le sujet ? Sans omettre la police métropolitaine des transports qui voit le jour en 2023. Il y a une chose que je veux bien vous concéder c’est l’impact sur le budget des métropolitains, en tous cas pour ceux qui utilisent les transports en commun, en termes de représentativité, est-ce que ceci est suffisant pour justifier une telle décision ? Comme vous le savez la gratuité n’existe pas, il faudra forcément la financer, avec naturellement une injustice, une injustice qui va fortement être ressentie par la population et plus particulièrement les communes rurales, car il faut avoir le courage de dire combien cela va coûter, avec l’usure plus importante du matériel, la hausse des énergies et la plus grande fréquentation, les effets induits, combien va coûter la promesse électorale ? Ce matin dans la presse vous parlez de 28 – 29 millions, je prends un petit risque, nous ne serons pas loin des 40 millions, leurs dire aussi que tous les foyers fiscalisables métropolitains vont payer d’une manière ou d’une autre : soit au détriment d’équipements dont nous avons besoin, soit en augmentant la fiscalité métropolitaine, c’est impacter encore un peu plus les ressources des classes moyennes fiscalisables métropolitaines, dans le cas contraire, sans la gratuité totale, il y a une logique que de payer ce que l’on a besoin de consommer ceci est moins douloureux et reste dans les mœurs plus acceptable, on va naturellement me préciser que le versement mobilité va arrondir les angles, justement sur le sujet vous devez aussi être clairs, est-ce que le versement mobilité subira une augmentation ? En effet, à Aubagne, la gratuité des transports mise en place en 2009 a entrainé une augmentation significative du versement mobilité, le montant est passé de 0,6 à 1,8 de la masse salariale. Nous savons que l’augmentation de la fréquentation des services de transports entraînera des coûts de leur fonctionnement, la majorité doit donc préciser si un rehaussement du montant de cette contribution se profile, c’est une information qui me semble essentielle aussi pour les entreprises, encore une fois mettons tout à plat avant de prendre cette décision définitive. J’ai lu aussi avec fierté que la 3M serait le premier territoire d’Europe à appliquer la gratuité des transports, je me pose toujours la question d’être le premier sans un grand engouement derrière et surtout d’engager un processus aussi conséquent… quand les autres métropoles de la même strate, avec les mêmes fréquentations dans les transports existants attendent et regardent cela avec beaucoup d’attention et guettent les éventuelles dégradations et tensions que cela va générer, être prototype avec autant d’enjeu me fait vraiment réfléchir… rien ne nécessite cette urgence à novembre 2023 mises à part vos promesses de campagne montpelliéraines, alors gardons la gratuité partielle, et hâtons-nous lentement. Ce pourquoi nous proposons de reporter a minima d’une année cette décision pour voir plus d’études, se remettre des années covid et permettre aux finances de la métropole d’avoir une visibilité plus efficiente, voilà pourquoi nous nous abstiendrons, merci de votre écoute.

Michaël Delafosse : Merci Monsieur Guiserrin, Madame Doulain puis Monsieur Alberne

Alenka Doulain : Monsieur le président, chers collègues, alors on va s’abstenir sur cette affaire, car la gratuité que vous nous soumettez au vote ne s’accompagne pas de garanties aujourd’hui suffisantes, le débat sur la gratuité est si mal posé depuis le début, et même si la tâche est ardue, je souhaite à nouveau profiter de cette affaire pour rappeler le caractère malheureusement bancal et légèrement démagogique de cette décision dans le contexte montpelliérain. Dans notre métropole en effet, l’enjeu central de la politique de mobilité est avant tout de rendre les transports en commun attractifs pour qu’ils deviennent une alternative crédible à la voiture individuelle, pour cela les leviers à activer sont clairs et lorsqu’on demande aux gens, ils sont limpides : les horaires, donc la fréquence et l’amplitude, le maillage du réseau et son efficacité, notamment la vitesse. Tous les experts s’accordent sur ce point, la qualité de l’offre doit précéder la gratuité. Or, c’est le chemin exactement inverse qui est pris par notre majorité. Les projets structurants qui doivent prendre la suite de la ligne 5 ne sont aujourd’hui pas lancés : pas d’extension de tram prévu à l’est et à l’ouest, rien sur le RER métropolitain qui soit tangible, vous disiez même tout à l’heure que vous étiez censé faire deux mandats en un et vous venez de déclarer qu’après 2026 il y avait zéro investissement à lancer sur nos infrastructures de transports, je le répète, la ligne 5, les lignes de bus tram sont des projets de l’ancienne mandature, deuxième point…

Michaël Delafosse : pas de 6ème ligne de tramway, c’est ça que j’ai dit, rassurez-vous, il y a plein d’idées soutenables financièrement.

Alenka Doulain : On attend de voir ça par ce qu’on est à mi-mandat et toujours pas d’études, de plans posés..

Michaël Delafosse : oui, oui, oui, allez !

Alenka Doulain : A un moment il faut être réaliste… et pire encore, deuxième point qui fait que le chemin exactement inverse est pris, c’est qu’on a eu une dégradation de l’offre qui a été subie en début de votre mandature, depuis un an et demi ce sont 8 lignes de bus qui ont vu le service réduit et la ligne 4 de tram qui a  vu sa fréquence diminuer… votre gratuité est par ailleurs démagogique parce qu’incohérente, en faisant le choix de la limiter aux habitants de la métropole, vous brouillez le message et passez à côté de l’objectif lui qui est louable, qui aurait été de favoriser au contraire les transports publics pour celles et ceux extérieurs à la métropole qui réalisent le plus gros du contingent des trajets pendulaires en voiture. De fait parce qu’elle ne joue que sur le levier du tarif, la gratuité profite quasi essentiellement aux habitants du centre de Montpellier qui bénéficient d’un réseau de transports très dense, pour ceux de la périphérie qui n’ont pas d’offre de transport satisfaisante et je crois qu’on conviendra tous pour dire qu’aujourd’hui un bus toutes les heures et pas de tram, ce n’est pas suffisant, ce sera toujours la même impasse : des voitures individuelles et des embouteillages. Cette analyse est d’ailleurs largement partagée par le rapport de la chambre régionale des comptes qui vient de sortir sur la Tam et sur les billets de notre réseau de transport.

Votre gratuité est démagogique parce qu’elle n’est pas transparente, jamais les chiffres de la gratuité n’ont été clairement présenté, pas sur le fait de savoir combien elle va coûter finalement… il y a un débat sur le chiffre finale de la gratuité totale… mais surtout sur où a été pris l’argent ? Quels ont été les investissements ? Les frais de fonctionnement, que vous supprimez pour cette mesure ?  Aujourd’hui on ne sait pas comment elle va être financée. Enfin, aucun objectif d’augmentation de la part modale des transports en commun n’a été pris par vos soins, on a un objectif dans le PCAET sur la partie vélo mais on n’a pas d’engagement sur la partie des transports en commun et surtout, aucune évaluation sérieuse et indépendante de l’évolution du nombre de passagers n’est réalisée… En dehors des grands discours, dans ces conditions, comment juger concrètement de l’efficacité de cette gratuité ? C’est ce constat implacable qui a amené la FNAUT à adresser un carton rouge à la métropole, craignant une paupérisation des transports collectifs. La paupérisation elle peut prendre la forme de baisses sur les dépenses d’investissements mais aussi sur les dépenses de fonctionnement, et c’est ce constat que font nombre d’experts, de syndicats et d’élus qui comme moi sont très dubitatifs, ce n’est pas une position facile, mais si nous ne choisissons pas des postures de confort, c’est aussi parce que c’est le constat que nous font les usagers de nos transports collectifs au quotidien et qui font remonter qu’ils voient par exemple leur arrêt de bus supprimé sans concertation, qui attendent parfois en heure de pointe 20 minutes pour avoir un tram, et parfois plus de 40 minutes le soir sur certaines lignes.

Vous le savez nous défendons un choc des mobilités d’un autre calibre, dont la pierre angulaire doit être l’augmentation du niveau de service et on peut le faire dès à présent en améliorant notre réseaux de bus et l’amplitude et la fréquence horaire, l’extension du réseau de tram dans les communes périurbaines, il faut lancer maintenant ces projets et la relance des lignes ferroviaires d’intérêt local qu’on pourrait appeler « RER métropolitain », sur ces points vous avez souvent au mieux botté en touche, vous avez souvent été extrêmement flou, et au pire renvoyé le débat aux calendes grecques… vivement que l’on passe au débat sur la qualité de nos transports en commun, en l’état, sans ces garanties, on s’abstiendra.

Michaël Delafosse : Merci de votre constance, Monsieur Albernhe

Luc Albernhe : Monsieur le président, mes chers collègues, permettez-moi de vous exprimer mes réflexions à propos de la délibération en question : je comprends que l’idée d’un transport gratuit pour tous peut sembler séduisante, mais je crains que cela coûte cher à tous et plus particulièrement aux classes moyennes… il me semble que la décision que vous proposez à cette assemblée pourrait davantage tenir du totem politique que de la recherche de l’intérêt commun. Il est important de souligner que les transports ne sont jamais gratuits, ils ont un coût : s’il ne se matérialise pas dans le ticket que vous payez en entrant dans le tram, il se matérialise dans vos impôts ou dans la qualité global du service public. Monsieur le président, quand un tel service qui pèse autant sur les finances devient gratuit l’exécutif se trouve face à deux choix : soit il augmente les impôts et je ne pense pas que les habitants de la métropole en seront heureux, soit il vient piocher dans d’autres services publics, parce que c’est bien cela qui est en jeu aujourd’hui : qui va réellement payer les transports désormais, et sur qui va se concentrer l’effort ?  Avec un tel choix et en fonction de vos options, ce seront soit les classes moyennes, soit les classes populaires, voire les deux. En outre, l’idée de gratuité peut sembler équitable, mais en réalité cela ne l’est pas : un individu avec un salaire élevé qui prend rarement le tram ne payerait pas plus qu’une personne avec un salaire plus faible, finalement, d’une certaine façon, vous égalisez la situation des personnes qui se trouvent à l’opposé de l’échelle des salaires, cela n’aide pas à lutter contre les inégalités, il nous semble préférable d’avoir des tarifs progressifs et d’aider un plus grand nombre de personnes.

Je voudrais aussi insister sur les communes rurales qui vont payer cette mesure et je pense notamment à Saint-Geniès-des-Mourgues et à Montaud et pour étayer mon propos sur la progressivité, je voudrais vous citer Louis Blanc, un des fondateurs du socialisme français : « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins », pour toutes ces raisons avec ma collègue Patricia Mirallès, nous nous abstiendrons, je vous remercie.

Michaël Delafosse : Merci beaucoup de votre propos, Monsieur Moynier

Arnaud Moynier : Alors moi je ne remets pas du tout en cause le choix politique, puisqu’à la limite c’est la chose la plus claire et la plus nette que j’ai entendu aujourd’hui, c’est franc, c’est droit, j’apprécie beaucoup, j’ai juste un problème avec ça, c’est un peu sur toutes les questions de gratuité, j’estime que nous avançons vers une déresponsabilisation galopante des contribuables et que peut-être nous le payerons un jour, je ne l’espère pas, donc c’est pour ça que je m’abstiendrai, mais après je ne remets pas en cause vos choix, c’est vos choix, vous les avez fait en connaissance de cause, avec tout un tas d’arguments que je ne connais pas, voilà, bon, merci.

Michaël Delafosse : Merci Monsieur Moynier, la parole est à Monsieur Martin puis à Monsieur Reynaud

Hervé Martin : Merci Monsieur le président, voilà typiquement un beau combat politique que celui de la gratuité des transports en commun, que nous avions mis en débat ensemble en septembre 2019, depuis un beau parcours s’est déroulé, avec d’abord des étapes dans cette gratuité, les week-end, les moins de 18 ans, les plus de 65 ans et pour le moment, j’en suis désolé, mais des retours positifs, je le vis en tant que professeur de collège, où les élèves du collège sont ravis de pouvoir se déplacer gratuitement, c’est une aide à ces familles qui est absolument formidable, pour les plus de 65 ans, qui retrouvent aussi, avec parfois des pensions de retraites extrêmement faibles, un droit à la mobilité et c’est sur cette notion de droit que je veux insister, chaque fois que notre pays a été confronté à des sujets extrêmement difficiles à résoudre, c’est passé par la création de services publics gratuits pour répondre à ces droits, quand il a fallu instruire la population française, on a instauré un droit gratuit à l’école, quand il a fallu soigner les français, on a instauré un droit gratuit à la santé avec la création de la sécurité sociale au lendemain de la seconde guerre mondiale, c’est pour ça que certes il y a actuellement des difficultés conjoncturelles, mais ça ne doit pas nous empêcher d’avancer dans la mise en place de la gratuité, parce que sinon aux lendemains de la guerre on n’aurait jamais mis en place quelque chose d’aussi important que la sécurité sociale. Un problème majeur que nous rencontrons aujourd’hui au XXIème siècle, c’est bien la question des mobilités et nous devons répondre à ce problème majeur par la création de nouveaux droits et donc par la création d’un nouveau service public gratuit des transports en commun locaux, ce que je note comme différence entre la gratuité des transports par rapport à la gratuité de l’instruction, par rapport à la gratuité de la santé, c’est qu’auparavant c’était l’état qui prenait ces choses-là en charge, de façon puissante et généralisée, aujourd’hui, parce que les gouvernements successifs depuis longtemps, on peut même le chiffrer de façon assez exacte, à 40 ans, les gouvernements successifs ont mis en place des politiques d’austérité qui fait que pour faire face à ces nouveaux enjeux importants, tel que l’enjeu des mobilités, c’est aux collectivités locales d’aller se confronter à cette question-là et donc nous le faisons, avec volontarisme et je partage ce que disait Julie Frêche tout à l’heure, sur, à la fois l’aspect social important, parce que, en fonction de la configuration d’une famille, la composition d‘une famille évidemment, les économies sont différentes mais ça peut être l’équivalent d’un treizième mois d’économies que ça peut représenter pour une famille et en termes d’émancipation c’est extrêmement important, vous savez, hier après-midi j’étais sur le terrain de foot d’un petit club de quartier, comme on dit, à Celleneuve, et il y a des enfants qui vont finalement au club de foot parce que c’est le club de foot du quartier, mais en pouvant voyager maintenant gratuitement, que ce soit en tramway, en bus, bientôt en tram bus également, et bien ils peuvent aller s’inscrire à Odysseum, à la patinoire de Montpellier et traverser toute la ville gratuitement et ça ne fait plus obstacle à cette volonté d’émancipation à travers la pratique sportive, donc oui, c’est extrêmement important d’arriver enfin au bout de ce combat, qui sera encore long à mener puisqu’à un moment donné, pour que ça puisse se généraliser sur l’ensemble du territoire et on voit bien comment et à quel point on est observé, par l’ensemble du territoire sur cette question-là, que l’Etat mette la main à la poche et les idées, on peut les trouver : taxer les jets privés, taxer les voitures de luxe, ce ne sont que des petites choses et je pourrai rallonger la liste, moi hier soir j’étais au match de foot Montpellier PSG, un beau match, j’ai été choqué par une chose : le bus du PSG était garé sur le parking de La Mosson, il est descendu à vide de Paris, pour transporter les joueurs du PSG entre l’aéroport de Montpellier et le stade de La Mosson et en plus ils sont arrivés là en jet privé, oui il faut aller taxer à ce niveau-là pour pouvoir financer sur l’ensemble du territoire la gratuité des services publics dont nous avons tant besoin, je vous remercie.

Michaël Delafosse : Merci Monsieur Martin, Monsieur Reynaud et Monsieur Revol, Monsieur Calvat et Madame Frêche pour répondre aux questions qui ont été soulevées.

Manu Reynaud : Merci, écoutez, je dirai pour cette délibération qui fera date et qui marquera un peu l’histoire de ce mandat, je dirai d’abord : enfin, bravo et merci parce qu’il y a quelque chose qui se passe aujourd’hui et c’est fondamental. Vous le savez au premier tour des municipales, c’était rappelé dans Midi Libre ce matin, les écologistes dont je fais partie avaient une liste qui prônait la gratuité des transports le week-end, il s’agissait de favoriser le rayonnement du cœur de métropole en favorisant les transports et la liste que Michaël Delafosse avec toute son équipe menait, proposait la gratuité totale. Faut pas se cacher, parmi les écologistes, beaucoup étaient dubitatifs, la question du financement, des investissements, on en a parlé et c’est normal de s’interroger… ça s’est finalement révélée une vision complémentaire et une vision dans les transitions impérieuses que nous devons engager face au dérèglement climatique et une vision aussi avant la hausse vertigineuse du prix de l’énergie, du changement obligatoire des comportements et des mobilités, alors nous avons fait le choix de la gratuité universelle, Montpellier était déjà regardée partout et on aime à le rappeler souvent, par le choix de ses tramways et d’avoir fait des œuvres d’art, d’avoir fait des transports en commun un enjeu de l’esthétique, du beau, de ce qui questionne et qui donne une identité à la ville, ça c’est très important de le souligner et bien aujourd’hui on passe un pas supplémentaire et le pari il est osé, c’est de faire de montpellier une métropole pionnière dans l’usage des transports : la gratuité totale pour les habitants de la métropole.

Oui, nous serons regardés, nous serons observés, nous serons scrutés, en Europe et bien plus loin, et ça effectivement, il faut l’avoir en tête, mais nous devons d’ailleurs nous-mêmes nous observer, nous scruter, pour défricher ce nouvel horizon, nous devons disposer d’un observatoire des mobilités qui pourra analyser de façon très transparente, effectivement, les changements de comportement opérés, voyons les choses en termes politiques parce que c’est important la politique dans les choix stratégiques comme ça, il faut s’interroger aujourd’hui et souvent : qu’est ce que c’est le progrès dans les années 2020 ? La notion de progrès c’est souvent consubstantiel à la gauche et le progrès en 2020, le progrès il est écologique, la gratuité c’est une mesure radicale, à la hauteur de l’enjeu climatique, c’est une mesure de gauche et écologiste, regardons les réponses qui sont apportées par ailleurs, en Espagne le gouvernement choisit de rendre gratuits les abonnements pour les trains régionaux et 50% pour les grandes lignes et en France que fait le gouvernement Macron ? Il choisit de subventionner les pleins d’essence et les énergies fossiles, voilà 2 approches et elles sont complètement différentes, et la notre est vraiment différente et à Montpellier nous n’avons pas fait le choix entre la gratuité et les investissements massifs, nous avons choisi la gratuité et les investissements massifs, c’est toute la différence, dans les alternatives à la voiture individuelle, la ligne 5 de tram, les 5 lignes de bustram, la politique d’infrastructures cyclables et de primes aux VAE, l’autopartage, parce que la voiture pour le coup quand elle n’est pas à usage unique, on s’en occupe aussi, la ligne de conduite est claire : l’alternative à la voiture individuelle et à l’autosolisme. Evidemment, tout le monde et notre conseil auront les yeux rivés sur ce financement, et bien c’est le pari, nous faisons le pari du progrès, le pari d’être pionnier que ce soit le futur débat national sur les transports publics, que demain ça ne soit plus la question de la prime au diesel mais la gratuité des trains du quotidien, partout dans le pays, des trams et des trains, ce pari nous l’avons déjà gagné en posant la question, en prouvant qu’on peut le faire nous l’aurons gagné ensemble, avec l’ensemble des habitants de la métropole quand ce progrès sera partagé par toutes et par tous, et je pense que ce sera le cas d’ici un an, je vous remercie.

Michaël Delafosse : Merci Monsieur Reynaud, la parole est à Monsieur Revol, puis Monsieur Calvat puis Madame Frêche.

René Revol : Très rapidement chers collègues, d’abord je pourrais faire une intervention politicienne, en me félicitant que cette assemblée reprenne la gratuité que je défends dans le programme de la France Insoumise depuis 2016, je dis ça au passage…

Michaël Delafosse : Monsieur le maire de Grabels, vos convictions sont connues et je recommande la lecture du petit opuscule que vous avez produit, très intéressant, que je partage de longue date

René Revol : Exactement, donc nous avons convergé sur une mesure importante et le vrai fond du débat n’est pas là, le vrai fond du débat c’est : est-ce que les transports en commun sont devenus au XXIème siècle, un bien commun ? Et qu’à partir du moment où ils sont un bien commun, ils contribuent à donner un droit universel à tous ceux qui sont sur un territoire pour pouvoir acquérir ou profiter ou user de ce bien commun ? Donc Monsieur Martin a eu raison de faire allusion à la question de l’éducation, à la fin du XIXème siècle, à la question de la santé au milieu du XXème siècle et justement si vous vous reportez aux débats parlementaires ou autres de ces deux moments historiques, il y a eu un vrai débat : est-ce que c’est celui qui consomme qui paye ? Est-ce que c’est celui qui consomme qui paye ? Vous devez aborder cette situation très calmement pour discuter de ce problème de mobilité. Le droit à la mobilité décarbonée est aujourd’hui quelque chose qui relie l’exigence sociale et l’exigence écologique dans la mutation de notre territoire, donc il faut l’aborder comme tel, naturellement il va falloir en même temps envisager, le débat a eu lieu en 1884, sur l’école pour tous gratuite, en disant « mais comment vous allez financer l’école gratuite pour les gens riches ? » Oui parce que le droit à l’éducation est pour tous les humains, voilà, et donc cette question-là elle est posée aujourd’hui pour un certain nombre de sujets, comme les transports en commun, on a parlé à ce sujet du versement mobilité, d’abord je rassure celui qui est intervenu là-dessus, c’est la loi qui encadre le versement mobilité, moi je voudrais bien l’augmenter mais on ne peut pas l’augmenter parce que c’est encadré par la loi, Renaud [Calvat ndlr] pourra vous répondre en détails, par contre on pourrait demander une modification de la loi et faire que nous ayons le même versement mobilité qu’à Marseille, le même versement mobilité qu’à Lyon, le même versement mobilité qu’à Paris, qui sont classés plus élevés, donc il faut faire évoluer la législation, pourquoi ? Parce que les transports de la semaine sont essentiellement des transports liés au travail, à l’éducation etc. il est donc normal que tout ce qui est lié aux déplacements pour aller à son travail soit financé par le versement mobilité, voilà pourquoi il a augmenté, à cause de notre dynamisme économique mais il peut aussi augmenter si on augmente ce versement et par ailleurs si nous choisissons et nous faisons le choix que la mobilité décarbonée doit devenir essentielle et bien il faut que le budget général de notre collectivité donne la priorité à cette mobilité, voilà pourquoi je voterai cette délibération avec enthousiasme.

Michaël Delafosse : On n’en doutait pas Monsieur Revol, Monsieur Calvat, rapidement.

Renaud Calvat : Très rapidement, je ne reviendrai pas sur les raisons philosophiques qui font que je soutiens pleinement, Monsieur Revol les a parfaitement exprimé, la gratuité, je voudrais juste répondre à l’interpellation légitime de Monsieur Guiseppin sur le financement et sur le versement mobilité. Comme Monsieur Revol vient de l’expliquer, le taux maximum du versement mobilité n’est pas fixé par l’assemblée, mais par la loi, par la loi, donc nous ne pouvons pas décider ici de dépasser le taux maximum fixé par la loi. Savez-vous depuis combien d’années, ici dans notre métropole, le taux du versement mobilité est fixé à son maximum ? Depuis 2011. C’est en 2011 que le conseil d’agglomération décide de fixer le taux du versement mobilité à son niveau maximum et vous savez pourquoi ? Pour financer la 5ème ligne de tramway. Il ne vous aura pas échappé que ces 10 dernières années, il n’y a eu ni 5ème ligne de tramway, ni gratuité, Monsieur Guiseppin et donc vous voyez bien que notre équipe, ici, réalise la 5ème ligne de tramway et la gratuité avec une juste répartition des richesses produites dans le territoire de la métropole.

Michaël Delafosse : Merci beaucoup Monsieur le vice-président, « juste répartitions des richesses produites », Madame Frêche.

Julie Frêche : Oui, je ne vais pas répondre sur cet impôt extrêmement dynamique qu’est le versement mobilité qui ne cesse d’augmenter d’années en années, juste peut-être dire à Monsieur Guiseppin que le montant et le coût global de la gratuité ne peut pas être de 40 millions par an puisque c’est le montant des recettes « usagers » actuelles et que dans le réseau il y a évidemment des non métropolitains qui l’utilise et qui continueront à payer. Je voudrais également dire qu’on va procéder à des économies externes en supprimant notamment la billettique, ce qui nous permettra quand même d’économiser 1,5 million de fonctionnement par an et là aussi d’ailleurs on est appelé par énormément de réseaux en France qui louent notre ambition sur le sujet, nous allons supprimer tous les distributeurs automatiques sur le réseau. Le titre de transport sera totalement dématérialisé à la fin du mandat et donc c’est une source d’économies et évidemment on passe un pas supplémentaire avec la gratuité des transports et encore une fois on démontre que ce n’est pas qu’une politique tarifaire mais on va évidemment toucher tout un pan des politiques publiques au sein de notre exécutif, sur la police métropolitaine des transports c’est un coût assumé pour assurer la sécurité et la tranquillité publique parce que, on le sait, à Montpellier et dans la métropole, et puis aussi suite aux tensions sociales nées du Covid, il y a eu une hausse des faits de délinquance dans le réseau de transports publics et il ne faut pas rendre gratuit un espace sans le sécuriser et donc c’est bien le sens du recrutement d’ici la fin du mandat de 83 ETP (équivalent temps plein NDLR), voilà temps complet qui constitueront la future police métropolitaine des transports, qui viendront en complément des 82 agents assermentés de la TAM qui assurent aujourd’hui des missions de sécurité et de tranquillité publique en lien avec la police municipale et la police nationale, je voudrais aussi répondre sur le fait que la gratuité n’a pas eu d’impact sur la décarbonation des transports, et dire à Monsieur Guiseppin que la gratuité en 2022 a permis d’économiser près d’1,2 million de tonnes de gaz et d’émissions à effet de serre, que la ligne 5 ça sera 10% de voiture en moins, de dire « il faut pas que Montpellier soit premier partout », pourquoi pas ? Montpellier a une histoire, Georges Frêche a inscrit cette modernité dans les gênes de Montpellier et de sa métropole depuis une quarantaine d’années, et après un mandat où Montpellier a semblé s’éteindre, je crois qu’il est extrêmement important que Montpellier redevienne une ville vers qui les regards se tournent, c’est après que Montpellier ait passé la première étape pour la gratuité des moins de 18 ans et des plus de 65 ans et la gratuité le week-end que les villes de Strasbourg, de Nantes, de Rouen, de Clermont-Ferrand sont rentrées dans le dispositif donc ça montre bien que nous ne sommes pas les seuls. Je voudrais appuyer les propos de Manu Reynaud sur les expériences réussies qui ont eu lieu en Espagne et en Allemagne avec la gratuité des transports suite à la crise énergétique et à l’augmentation de l’essence dans tous les pays, peut-être aussi répondre enfin à Monsieur Guiseppin en disant que si pour lui tenir ses engagements est assez mineur, c’est pour notre équipe un engagement fondamental.

Pour Madame Doulain, je suis désolée de le dire, si parfois j’ai pu pensé que vous étiez pertinente, je ne le pense absolument plus parce que vous êtes dans l’incantation permanente, vous êtes totalement hors-sol de penser qu’on peut faire des lignes de tramway partout et pour tous, personne ne le fait, parce qu’en fait on fait des lignes de tramway quand il y a des bassins de population qui sont supérieurs à 40 000 habitants, lorsque vous avez dénoncé le fait qu’on ait enlevé des lignes ferroviaires, de toute manière pour rouvrir des lignes ferroviaires il faut change des rails parce que des lignes ferroviaires qui ont été fermées en 1965, de toutes manières il faut changer les rails, que lorsqu’on est sur des bassins de 14 000 habitants parce que c’est bien le sens de vos critiques, pour desservir Paulhan et Campagnan, je ne dis pas que ce ne sont pas des communes qu’il ne faut pas desservir, mais engager 30 à 40 millions du kilomètre en investissement, parce que c’est ça, le coût du train, c’est 30 à 40 millions du kilomètre, voilà, donc de dire qu’on va rouvrir des lignes ferroviaires pour connecter aussi à Sète, c’est quand même ne pas connaître le territoire parce qu’aujourd’hui à cet emplacement il y a l’A9. Ensuite vous parlez de la situation des transports actuelle, alors là je dois vous donner un peu raison, pourquoi ? Parce que nous héritons d’une situation extrêmement pauvre, rien n’a été fait lors du dernier mandat sur les mobilités, aucune anticipation quant à la formation de nouveaux conducteurs, aucune anticipation quant à l’achat de nouvelles rames de tramway, aucune anticipation sur l’achat de nouveaux bus pour rendre possible l’exploitation des 5 lignes futures de bus tram, aujourd’hui sur 83 rames sur notre réseau de transports, 79 circulent et les 4 autres sont en maintenance, maintenance qui est évidemment réglementaire, nous n’avons aucune marge de manœuvre, il faut également rappeler qu’entre la décision d’acheter des rames et l’exploitation d’une rame, il y a 5 ans, 5 ans, voilà, ce sont des chiffres qui sont incompressibles, nous avons engagé des séries de formations de conducteurs, nous avons aujourd’hui acheté de nouveaux bus pour soulager les tronçons qui sont le plus congestionnés nous avons également là, la semaine dernière, lancé le marché pour acheter 60 bus électriques, donc voilà, aujourd’hui on hérite d’une situation, nous faisons tout pour pallier aux dysfonctionnements et à la fin du mandat l’engagement que nous avons pris pour des mobilités décarbonées sera une réalité.

Monsieur Revol, je voudrais quand même vous dire que c’est quand même dommage d’avoir soutenu aux élections municipales une liste LFI Nous sommes qui étaient contre la gratuité des transports et pour reprendre les propos d’Hervé Martin, la gratuité c’est effectivement un combat qu’on mène depuis de nombreuses années sur ce territoire et que nous allons rendre concret et sur le déplafonnement du versement mobilité c’est un combat également qu’on mène depuis des mois auprès du gouvernement pour tendre vers l’objectif de le déplafonner, je vous remercie.

Michaël Delafosse  : Merci Madame Frêche, mes chers collègues je voudrais aussi donner quelques mots. D’abord je voudrais remercier tous les contributeurs à ce débat, avec leurs convictions pour certains, leur constance également, sur ce sujet il y a des positions historiques connues d’hostilité à la mesure, et puis il y a tous ceux qui la soutienne de longue date, débat des élections municipales, engagement ancien, et puis les maires de cette intercommunalité qui dès le début de mon mandat, ont accepté de prendre le pari, de prendre le risque de faire le choix de cette audace et je veux les en remercier, parce qu’évidemment faire un tel changement de paradigme n’est pas sans poser de questions, d’appréhensions, et c’est normal, mais il n’y a rien de pire qu’un conservatisme, que d’être cranté sur des certitudes, il y a un moment, le monde change, et le mot « déregle » est une des réalités, le dérèglement climatique, la géopolitique du monde nous montre le prix de l’essence aujourd’hui, nous avons avant 2020 vécu 2 faits sociaux majeurs : la crise des gilets jaunes, qui a été un moment social lié à une hausse du prix de l’essence, donc la difficulté du droit à la mobilité, et les marches des jeunes pour le climat, et donc il nous faut donner un chemin d’action et de traduction politique, et c’est ça que nous avons voulu poser à travers la mesure de gratuité des transports, mesure de gratuité comme l’école, l’hôpital, c’est des services publics qui sont financés par la dépense commune, nos routes, qui sont gratuites mais financées intégralement par le contribuable, ou tout un tas d’objets de cette nature, et nous avons voulu dire « nous voulons être de ces territoires qui s’engagent dans cette aventure de la gratuité des transports », qui existe à Compiègne depuis 1976, à Niort, petits réseaux, petits réseaux, et puis ensuite, ça progresse, Aubagne, Dunkerque, et personne sur ces territoires-là ne remet en cause la gratuité des transports, Eric Woerth, pas de mon bord politique hein, oula, il a été maire d’une ville qui a la gratuité des transports et il a dit « socialement c’est tellement extraordinaire, pas question de la remettre en cause » et donc nous nous faisons ce choix, nous le faisons parce que nous pensons que les mobilités décarbonées doivent être en libre accès, c’est un changement de paradigme et une réponse, pas la seule réponse mais une réponse face au changement climatique, c’est aussi une réponse de pouvoir d’achat, de dignité, nous avons des études, je vais venir sur le report modal, mais le nombre de personnes âgées qui disent « mais moi je revis grâce à la gratuité, avec nos amis on prend les transports en commun, on va au musée, on va se promener » le nombre de familles qui ont été soulagées, un collégien, deux lycéens, tac , mesure de pouvoir d’achat et qu’est ce qu’on entend à la maison ? « Monsieur le maire, Monsieur le président de la métropole, oh là là, nos enfants ils nous font qu’on laisse la voiture et le week-end ils nous disent « on peut prendre les transports en commun parce que c’est gratuit » » il n’y a pas un commerçant du centre-ville qui demande le retour à une tarification payante pour les habitants de la métropole, et si nous le faisions ils seraient les premiers à s’élever et d’ailleurs les excellents chiffres donnés par MyTraffic sur la fréquentation du centre-ville s’expliquent par la gratuité des transports et les premières études montrent que partout c’est une mesure dynamique pour le commerce de centralité, alors nous engageons ce mouvement vers la troisième et dernière étape, parce que nous n’avons pas fait d’un seul coup, ça n’aurait pas été sérieux, et nous le faisons par étape, on a commencé très vite le week-end, ça n’a pas été l’effondrement annoncé, nous l’avons fait pour les moins de 18 ans et les plus de 65 ans, ça n’a pas été l’effondrement annoncé, et d’ailleurs les comptes administratifs que nous examinerons le montreront budgétairement, et donc nous faisons la troisième étape, si nous avions fait la choix de la repousser on nous aurait dit « ah, c’est une mesure électoraliste vous l’avez fait la veille des élections » non, on l’a fait dans le respect de la parole donnée, 21 décembre, 19h, gratuité pour les habitants de la métropole, oui pour les habitants de la métropole, pourquoi ? Parce qu’ils sont les contribuables et que eux ils payent le transport par l’impôt, et ceux qui sont dans les autres intercommunalités, et bien ils contribuent à leurs propres réseaux et je le dis ici solennellement de cette tribune, à nos voisins, vous pourrez éventuellement participer au financement pour donner la gratuité à vos habitants, tout comme je leur dis, avec nos parkings relais que nous construisons, Madame Frêche, au nord de la ligne 5, et à la future station Grès de Montpellier, je déflore un peu… et bien il y a parking relais, et nous pouvons créer une stratégie ensemble, de travail, oui, quand vous viendrez de l’extérieur, vous contribuerez au réseau de transport et ça ne choque personne, mais peut-être qu’en 2026 certains défendront la gratuité totale et ce sera peut-être cela le débat mais je recommanderais de ne pas aller trop vite vers cette étape, il faut avancer progressivement, alors la question du financement elle est posée, bien sûr, c’est tout le travail sur les marges de manœuvre que nous menons, c’est la dynamique fiscale de notre territoire, certes depuis le début de notre mandat, mais avant ? Comment est-elle redistribuée ? Et bien nous nous faisons le choix d’une mesure pour tous et pour toutes, parce que nous en finançons des politiques publiques  et heureusement qu’on ne demande pas à chacun de contribuer au prix exact, sinon Monsieur Assaf aurait un tarif des piscines bien plus important, sinon nous arrêterions de soutenir toute la politique sportive et le prix des places augmenterait, le monde ne s’effondre pas quand nous faisons la gratuité dans certains équipements culturels et nous pensons que la culture est un des communs et heureusement que nous la subventionnons sinon personne n’aurait les moyens d’aller au spectacle et là nous faisons ce choix, d’une mesure utile à tous qui est un changement de paradigme, et donc, la dynamique du versement mobilité, les économies de gestion, la dynamique fiscale, de notre territoire nous le permet, et en ayant procédé avec méthode là-dessus, ensuite je voudrais répondre à un grand chercheur, pour qui j’ai beaucoup de respect, Frédéric Héran, aujourd’hui dans le grand quotidien Midi Libre, qui dit « la gratuité entrave les investissements » alors là, Montpellier c’est un laboratoire à ciel ouvert des mobilités de l’avenir : nous investissons 450 millions d’euros pour la cinquième ligne de tramway, c’est un investissement, nous faisons la gratuité, nous faisons la gratuité, nous finançons 60 millions d’euros l’extension de la ligne 1 de tramway, soit dit au passage, nous aurions bien aimé ne pas avoir à faire tout ça, d’ailleurs ça coûte un peu plus cher parce que ça été anormalement différé, ensuite Madame Frêche l’a dit, nous achetons 77 rames de tramway, pour renouveler le matériel, éviter l’incident voyageur qui parfois dégrade le service, et c’est pénible, et c’est pénible, alors on paye les futures rames de la ligne 5 designée par Barthélémy Toguo, on va remplacer la ligne 1 designée par Garouste et Bonetti, et on va acheter des rames supplémentaires pour accueillir la fréquentation que va induire la gratuité donc augmenter l’offre. On n’achète pas des tramways pour qu’ils restent au dépôt, c’est pour qu’ils fonctionnent sur notre réseau. Ensuite il a été employé un terme « commune rurale », notre métropole, c’est 31 communes et donc nous déployons un réseau de bus tram et nous avons fait un choix, c’est de le faire vite, vite pour le mettre en service parce que justement, l’offre de transports en commun pour beaucoup d’habitants n’est pas assez satisfaisante, que ce soit l’ouest de la métropole ou chère Claudine cher Guy, sur la partie est de la métropole, nous le faisons, et donc on investit, on vient de lancer Madame Frêche, 60 bus électriques, qui vont être les futurs bus tram designés par un artiste, donc nous investissons, nous allons réaliser une première phase d’investissements et en 26 nous ferons la seconde phase pour continuer à améliorer la performance, il y a des endroits où l’on n’aura pas encore totalement le site propre mais si on attendait, on désespérait donc on a fait le choix d’y aller, et puis on investit pour le vélo, et on fait des choix très forts, l’investissement pour l’aide au VAE, l’investissement dans le réseau de pistes cyclables, et puis nous faisons un choix, on fait un choix qui n’est pas un choix simple, d’ailleurs souvent il me rend très impopulaire, c’est le choix de partage de l’espace entre la voiture et les autres modes de déplacement, les piétons, les bus, les vélos, oui sur la ville de Montpellier nous avons fait des choix, de partage de voirie, très courageux, pour encourager le développement du vélo et ici merci du vote unanime sur la transformation du tunnel de la Comédie, merci du vote unanime sur les vélolignes, parce qu’avant il n’y avait que de la place, cette vision pompidolienne du monde, qui consistait à donner toute la place à la voiture, nous on laisse une place à la voiture, mais une juste place, pas une place démesurée, et donc nous faisons aussi ces choix-là et nous investissons pour cela cher Frédéric Lafforgue, nous portons ces choix, et donc c’est vrai qu’il y a beaucoup de commentateurs de la gratuité, d’adversaires de la gratuité des transports, mais il n’y a pas encore d’expérience concrète à ciel ouvert, il y en a une à Dunkerque et elle a changé la vie des dunkerquois et elle a changé la ville, et bien Montpellier, en devenant le plus grand réseau de transports en commun à appliquer la gratuité est aussi un des lieux pionniers, mais en même temps, qu’il y ait des commentateurs, des opposants, des adversaires, qu’il y ait des questions c’est très respectable, mais moi ça me rappelle quand on a voulu faire passer la ligne 1 du tramway et on a pris de la place à la voiture pour faire le tramway, et qu’heureusement que Georges Frêche n’a pas fait le choix du métro, pour la soutenabilité financière, et puis aussi parce que ça a permis de transformer les espaces publics, à Montpellier et pour les communes environnantes, Monsieur le maire de Lattes, maire de Jacou, Monsieur le maire du Crès, Monsieur le maire de Castelnau et d’autres, donc, voilà, il y avait des critiques, et ben là aussi, il y en a, mais il faut avancer, et moi je voudrais terminer là-dessus, ce choix, ce choix que nous faisons, ce qui est formidable, c’est que c’est vrai au début, ave beaucoup on se disait « on va être un peu seuls » mais maintenant on cite Montpellier partout, à Heidelberg la ville jumelle, cher Arnaud, le maire a mis en place la gratuité des transports, de son tramway, à Heidelberg, parce qu’il a vu le risque de Montpellier, le choix de Montpellier, la prise de risque qui a été la nôtre. En Espagne, le premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, avec sa coalition, a fait la gratuité des transports régionaux, la Deutsche Bahn en Allemagne, 3€, et ça a eu un succès, aux Etats-Unis, il y avait un article récemment, de nombreux réseaux de bus basculent vers la gratuité des transports financée par la contribution commune, et bien moi mesdames et messieurs, mes cher collègues, je vous le dis, en 2026, quand deviendra le beau débat démocratique dans nos communes respectives ici et ailleurs, plein de candidats et de candidates ou plutôt de citoyens qui veulent changer le quotidien de leurs habitants et donner des horizons d’espoir, viendront voir comment on fait la gratuité des transports et défendrons cela dans le débat démocratique. Il y a des formations politiques de longue date qui la défendent la gratuité des transports, et d’autres qui se laissent convaincre et ce qui est formidable c’est de constater que ce débat est à la fois porté par des élus qui viennent du champs de la droite républicaine, comme de la diversité de la gauche, et donc, nous le portons, nous l’assumons, et nous faisons aussi de cela, je le dis, un marqueur du territoire, un marqueur et une fierté, Montpellier c’était la première ville à designer ses tramways,  Montpellier c’était la première ville à faire un tramway pour un quartier populaire, La Paillade, la première ville, la première métropole intercommunalité à avoir le courage de faire sortir le tramway des limites communales, maintenant tout le monde fait ça, c’était la grande aventure de la ligne 2 de tramway, et bien Montpellier c’est toujours cela, c’est ce nouveau souffle, et cette grande mesure sociale et écologique qu’est la gratuité elle dit ça, et vous verrez, elle changera les choses parce que l’écologie ça ne peut pas être qu’une contrainte, il faut des mesures positives, il faut entraîner les gens, et ceux qui constatent que le prix de l’essence est cher, et bien là ils pourront se dire « je peux me déplacer grâce à la gratuité des transports » et aux communes qui n’ont pas l’infrastructure de transports, cher Yvon, et bien il y a le financement du covoiturage, pour lutter contre l’autosolisme, et la métropole et vous l’avez voté, est à près d’1 million d’euros, pour aider les communes, qui n’ont pas les infrastructures de transports et qui le comprennent largement, parce qu’on ne va pas amener… J’aime beaucoup Saint Geniès, comme nous tous, un tramway, même le réseau de bus tram, ça se ferait au détriment de la vigne, et donc là nous mettons en place des dispositifs, c’est d’ailleurs certains maires qui ont dit « non, non, non, non, non si on passe le tramway il faudra urbaniser et donc miter des surfaces agricoles » et donc c’est pour ça que nous trouvons de solutions fines, sans doute après, dans la deuxième partie de la décennie, il faudra améliorer la performance des bus tram, il faudra augmenter le réseau de bus tram, il faudra, Monsieur le maire de Saint-Jean-de-Védas, doubler la ligne 2 de tramway pour améliorer l’offre de service comme Monsieur le maire de Pérols et de Lattes, améliorer l’offre de service de la ligne 3 de tramway, ce seront cela nos futurs investissements dans une soutenabilité budgétaire que nous défendrons de manière cardinale car il n’y aurait rien de pire que la désillusion… alors nous avons choisi le 21 décembre, je me souviens de certains qui disaient « il faut accélérer la gratuité des transports » c’est les mêmes qui aujourd’hui nous disent qu’ils vont s’abstenir, mais nous tenons notre calendrier, pourquoi nous faisons ça le 21 décembre ? Parce que nous serons à la veille des congés des fêtes de noël, parce que dans ces moments-là où nous savons que nous allons encore avoir une année difficile liée à l’inflation, il nous faudra permettre à tous ceux et celles qui reviennent dans leur ville, dans leur métropole, voir leurs grands-parents, qu’ils puissent s’emparer de cette liberté nouvelle que nous donnons avec la gratuité des transports, qui sera complétée en septembre 2025 d’une nouvelle offre avec la ligne 5 de tramway, fin 2024 nous l’espérons l’extension de la ligne de tramway et chère Claudine, cher Guy, de la première ligne de bus tram, et au deuxième semestre 2025, de l’extension du réseau de bus tram, alors oui, on lance un appel, on a besoin de chauffeurs, parce qu’on développe l’offre, et d’ailleurs toutes les équipes de tam, voilà, on sait qu’aujourd’hui c’est un peu la bagarre entre Castex, Appéré, Piolle, Delafosse, pour essayer d’attirer dans ces métiers, mais je crois qu’aujourd’hui l’ensemble des exploitants de notre réseau de transports, ils sont très fiers de conduire des tramway designés demain des bus tram designés dans des endroits où le transport répond aux enjeux de solidarité et permet de faire rayonner le territoire et le 21 décembre à 19h mes chers collègues, oui, nous fêterons cette liberté, j’y reviendra, on fera une grande proposition à ce moment-là, parce qu’à Montpellier, il faut avancer avec audace, il faut faire des choix, nous en faisons, et c’est ce que va exprimer votre vote, et je suis sûr d’une chose, il y a une chose dont je suis sûr, c’est ceux qui ne voteront pas, pas mon ami Arnaud Moynier, mais ceux qui ne voteront pas cette mesure, si les électeurs étaient amenés à les écouter, ils ne la remettraient pas en cause car elle est irréversible parce que c’est le sens de l’histoire. Qui est contre ? Qui s’abstient ? 16. C’est adopté. On va compter les pours, qui est pour ? 53 on a la majorité c’est adopté, et on fera le décompte, merci à tous.

 

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